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International Noise Awareness Day! Pour un monde qui sonne juste

29 avril 2020

Aujourd'hui, la International Noise Awareness Day (Journée de la sensibilisation au bruit) nous donne l'occasion de prendre un instant pour se rappeler ou découvrir comment le bruit affecte notre vie et santé et comment changer cela.

Woman putting her fingers in her ears

La pollution sonore et ses conséquences

Qu'est-ce que la pollution sonore ? La pollution sonore se définit comme la propagation de bruit qui influence nos vies de façon négative, et c'est l'un des principaux problèmes auxquels les sociétés modernes sont confrontées à l'heure actuelle. L'exposition à long terme à un bruit excessif a d'importantes conséquences négatives sur la santé et elle continue de s'accroître. Malheureusement, l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) estime que l'exposition à la pollution sonore est à l'origine de 12 000 décès prématurés et contribue à l'apparition de 48 000 nouveaux cas de cardiopathie ischémique chaque année en Europe. On estime également que 22 millions de personnes souffrent d’une gêne chronique et que 6,5 millions de personnes sont confrontées à des troubles du sommeil chroniques [1].

Mais l'Europe n'est pas la seule à être dans ce cas. Selon le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies, la perte auditive due au bruit, est la troisième maladie chronique la plus répandue et dépasse le diabète et le cancer [2].

On estime également que 22 millions de personnes souffrent d’une gêne chronique et que 6,5 millions de personnes sont confrontées à des troubles du sommeil chroniques.

l'Agence européenne pour l'environnement

La pollution sonore à l'intérieur 

Notre exposition à la pollution sonore ne se produit pas uniquement lorsque nous sommes à l'extérieur. Nous devons tout autant, voir encore plus, composer avec la pollution sonore lorsque nous sommes à l'intérieur.

Le bruit se définit comme « une énergie acoustique audible qui influence négativement le bien-être physiologique ou psychologique de l'homme. » [3]. Dans les années 1990 s'est produit un phénomène intéressant connu sous le nom de syndrome du bâtiment malsain, où les gens tombaient malades à cause de l'environnement intérieur. Cela a incité l'Organisation mondiale de la Santé à créer une déclaration sur l'importance du bien-être à l'intérieur des bâtiments.

L'exposition à des niveaux de bruit néfastes est l'un des principaux facteurs qui déterminent la façon dont nous ressentons notre environnement bâti. Cela peut être lié à l'exposition à des niveaux de bruit au travail, à des bruits gênants dans les centres commerciaux, les boutiques et même à des nuisances sonores dans les restaurants. Pas moins de 90 % des personnes interrogées dans le cadre du rapport Speak Easy: Hearing the views of your customers ont déclaré que le bruit de fond était le principal problème auquel elles étaient confrontées lorsqu'elles mangeaient au restaurant.

Examinez le graphique ci-dessous et découvrez les différents niveaux sonores et la durée d'exposition à ces bruits nécessaire avant qu'ils ne deviennent nocifs.

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Nous ne sommes pas les seuls à être gênés par le bruit.

La pollution sonore touche aussi bien les hommes que les animaux. À titre d'exemple, en ville, les oiseaux, en particulier ceux qui se trouvent près des aéroports et des autoroutes, doivent chanter à une amplitude et à des fréquences plus élevées pour atténuer l'interférence causée par la pollution sonore. On retrouve également ce phénomène sous l'eau. Il a été démontré que le bruit des moteurs de bateaux perturbe le frai, pousse les bancs de poissons vers des eaux plus profondes ou retarde même les voyages migratoires. [4]

La pollution sonore est partout ! Même à l'endroit le plus calme de la Terre, vous entendrez beaucoup de bruit.

L'endroit le plus calme de la Terre

Pour mettre fin à la pollution sonore et se retrouver dans un environnement vraiment silencieux, il faut se rendre au siège de Microsoft à Redmond, dans l'État de Washington, aux États-Unis. D'après le Livre Guinness des records, c'est ici que se trouve l'endroit le plus silencieux de la planète.

La chambre anéchoïque, c'est-à-dire dépourvue de son et d'ondes électromagnétiques, a été conçue à l'aide d'une cale géante en mousse de laine minérale pour absorber complètement le bruit et empêcher des ondes sonores atteignant 120 dB(A) de pénétrer dans la chambre.

Construite pour permettre à Microsoft de tester la sensibilité de ses appareils audio, cette chambre de 40 m² a coûté 1,5 million de dollars à l'entreprise. À l'intérieur de la chambre, le niveau sonore est de -20,35 dB(A), proche du zéro absolu.

Mais qu'est-ce que cela ferait de se trouver dans une telle pièce ? La chambre anéchoïque créerait un silence assourdissant, à tel point que des sons très faibles deviendraient audibles. Vous commenceriez à entendre les battements de votre cœur, votre respiration et même le sang qui coule dans vos veines.  Cela peut devenir très perturbant. En fait, cela peut en devenir tellement déroutant que les personnes qui ont passé beaucoup de temps dans la chambre ont été prises de vertiges et de nausées. La plus longue période durant laquelle une personne a réussi à endurer ce calme extrême est de 45 minutes. 

Pour obtenir le bon niveau sonore, il ne suffit pas d'éliminer toutes les sources de bruit, il faut aussi contrôler le bruit et trouver le bon équilibre.   

La pollution sonore attire l'attention

Les gouvernements prennent tout doucement conscience de l'influence du bruit. Des responsables politiques et des agences font désormais pression pour que des normes soient établies en matière de pollution sonore, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. En France, en Espagne, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Pologne et dans les pays scandinaves, par exemple, il existe des réglementations spécifiques en matière d'acoustique dans les hôpitaux. L’objectif étant de créer un environnement qui offre du calme et favorise le rétablissement des patients. Cette tendance se retrouve également dans les écoles et dans d'autres espaces intérieurs.

L'Agence européenne pour l'environnement a également commencé à recueillir des informations sur les niveaux de pollution sonore dans différents pays européens. Les résultats montrent que c'est l'Estonie qui présente les niveaux de pollution sonore les plus faibles, la population totale étant exposée à l'équivalent de 55 dB(A) pendant la journée.  En deuxième et troisième positions, on retrouve respectivement la Lituanie et les Pays-Bas.

Percevez-vous une différence ?

Au vu de la situation ces dernières semaines, nous pourrions certainement ajouter d'autres grandes villes à la liste des zones métropolitaines calmes. En raison des grands confinements mis en place en Europe et dans le reste du monde à cause du COVID-19, la pollution sonore a diminué. À Barcelone, par exemple, les niveaux sonores sont passés à 5-8 dB(A) [5]. On assiste également à une situation similaire à Paris, où les niveaux sonores sont passés à 5-10 dB(A), soit une diminution de 70 à 90 % par rapport à la normale [6].

Pour un monde qui sonne juste

Bien qu'il ne soit pas possible d'éliminer tous les niveaux de pollution sonore auxquels nous sommes confrontés, nous pouvons faire une différence dans bien des domaines de notre vie. L'utilisation de solutions acoustiques pour les espaces intérieurs est un excellent moyen de réguler la réverbération et de réduire bon nombre des effets secondaires négatifs généralement associés à l'exposition à la pollution sonore.

En gérant les problèmes de bruit, nous pouvons avoir des niveaux de bruit plus contrôlés pour optimiser la productivité au travail, améliorer l'apprentissage dans les écoles et favoriser le rétablissement des patients dans les hôpitaux, mais aussi réduire les autres effets secondaires des sons indésirables.

Références:

[1] EEA Report, No 22/2019 “Environmental noise in Europe -2020”, ISBN 978-92-9480-209-5
[2] https://www.youtube.com/watch?v=B7XOx4j_rf0 
[3] E. Ryherd, S. Okcu, C. Zimring, J. Ackerman, and K. Persson Waye, “ Noise pollution in hospitals: Impacts on staff,” J. Clin. Out. Mgmt. 19(11), 491–500 (2012).
[4] Slabbekoorn H “Noise pollution” Current Biology 29, R942–R995, Published by Elsevier Ltd October 7, 2019
[5] https://www.guinnessworldrecords.com/news/2015/10/microsoft-lab-sets-new-record-for-the-worlds-quietest-place-399444?fb_comment_id=1143826665645803_1143921322303004
[6] https://www.bruitparif.fr/les-effets-du-confinement-sur-le-bruit-en-ile-de-france/